L’offensive du général Nivelle au printemps 1917, connue sous le nom de Chemin des Dames se révéla une des pires boucheries que la guerre de 1914-1918 a connues avec environs 110 000 morts et blessés en quelques semaines. Devant tant de pertes pour un objectif militaire incompréhensible, quelques milliers de militaires refusèrent de remonter au front ou déposèrent les armes. Ces « mutins du Chemin des Dames » furent traduits en cour martiale et pour certains fusillés, « pour l’exemple » comme il fut dit à l’époque.
Au moment où l’on célèbre le 90e anniversaire de ce carnage et de cette injustice, il convient de réintégrer dans la mémoire collective nationale ces héros qui s’élevèrent contre l’absurdité de cette guerre et de sa stratégie qui faisait totalement fi de la vie humaine. A l’occasion des cérémonies du 11 novembre, un hommage pourrait être rendu à ces jeunes hommes qui osèrent alors dire non à la folie meurtrière et, sans doute, évitèrent à d’autres de mourir dans une offensive qui finit par être stoppée. Comme l’avait d’ailleurs suggéré en 1998 à Craonne, le Premier ministre de l’époque. Ainsi pourraient être prévus une gerbe spécifique de la Ville de Paris pour la cérémonie commémorative du 11 novembre 2007 à l’Arc de Triomphe ainsi qu’une exposition rappelant cet épisode trop peu connu de l’histoire tragique de la guerre de 1914-1918.
C’est pourquoi,
Sur proposition de Denis Baupin, Sylvain Garel, René Dutrey et du groupe Les Verts,
Le conseil de Paris décide de déposer une gerbe à la mémoire des « mutins du Chemin des Dames » fusillés en 1917, lors de la cérémonie commémorative du 11 novembre 2007 à l’Arc de Triomphe, et d’organiser une exposition, à l’Hôtel de Ville, rappelant cet épisode de la guerre de 1914-1918 et les raisons de leur refus de combattre.

